L’émancipation financière des femmes de 1881 à aujourd’hui
Payer son repas, consulter son solde, réaliser un crédit immobilier… Ces gestes nous semblent évidents. Pourtant, ils sont le fruit de plus de 80 ans de lutte acharnée. C’est en 1946 que la Constitution a reconnu l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce fut l’aboutissement d’une longue bataille pour l’obtention de droits et d’une liberté longtemps confisquée.
En cette Journée internationale des droits des femmes, retraçons ensemble l’histoire de leur émancipation financière, de ses premières conquêtes à l’état des lieux aujourd’hui.
XVIIIe : le siècle sans droit
Sous le code de Napoléon, les femmes étaient légalement considérées comme des mineures et n’avaient aucune indépendance financière. Elles n’avaient aucun droit, peu de liberté et devaient se soumettre à l’autorité de leur mari ou père, qui gérait seul les finances du foyer. Cantonnées au rôle d’épouse et de mère, elles exerçaient certains métiers dits « féminins » – couture, vente, soins infirmiers – tout en étant soumises à l’impôt, sans contrepartie en termes de droits civiques. En 1881, les femmes sont autorisées à ouvrir un livret d’épargne sans l’autorisation de leur époux. C’est l’un des premiers pas vers l’indépendance financière des femmes en France.
1907 : le droit de percevoir son propre salaire
Il faut attendre 1907 pour que les femmes obtiennent le droit de disposer librement de leur salaire. Le Code civil de 1804 avait jusque-là maintenu les femmes sous une forme de tutelle matrimoniale, surtout sur les questions patrimoniales. Leur salaire était automatiquement versé au mari qui devait ensuite décider du sort de ces montants.
La loi de 1907 est une avancée, mais reste restrictive. Dans l’article 2 : “En cas d’abus par la femme des pouvoirs qui lui sont conférés dans l’intérêt du ménage, notamment en cas de dissipation, d’imprudence ou de mauvaise gestion, le mari pourra en faire prononcer le retrait.”
Autrement dit, une femme jugée trop dépensière pouvait voir ce droit lui être retiré tandis que le mari, lui, n’avait aucune restriction.
Les temps de guerre : un tournant décisif
La Première Guerre mondiale marque un tournant : avec les hommes partis au front. Les femmes se retrouvent seules à gérer les finances et à faire tourner l’économie du pays. C’est la Seconde Guerre mondiale qui accélère les choses. En 1944, les femmes obtiennent le droit de vote, mais cela ne s’arrête pas là. Sur le plan financier, dans un contexte de modernisation, c’est la loi de 1965, qui permet aux femmes mariées d’ouvrir un compte bancaire à leur nom. Jusqu’ici, ce droit était réservé aux femmes célibataires et veuves. Les femmes mariées, elles, devaient obtenir une autorisation maritale. Puis la loi est complétée en 1967 : les femmes sont autorisées à entrer en Bourse. Il s’agit d’une véritable porte ouverte leur permettant de contracter des emprunts, de réaliser un crédit immobilier et de gérer elle-même leur bien.
2026 : un chemin encore long
Aujourd’hui, les femmes se sont pleinement approprié la gestion des finances du foyer. Selon une enquête d’Allianz Center for the Future of Retirement, 53 % des femmes s’identifient comme la principale gestionnaire des finances du ménage. Mais les inégalités persistent : plus de 3 femmes sur 4 déclarent ne pas placer d’argent car elles n’ont pas de revenus suffisants, contre 6 hommes sur 10 d’après une étude de la France Mutualiste publiée en 2025. Pour cause, des inégalités salariales s’observent : les femmes gagneraient 22 % de moins que les hommes. À un temps de travail égal, les femmes gagnent 14 % de moins que les hommes en 2026, d’après l’Observatoire des inégalités.
Ces disparités se reflètent directement dans l’accès au crédit immobilier. Parmi les acquéreurs célibataires, les femmes représentent 46 % des emprunteurs contre 54 % pour les hommes. Les chiffres progressent, et avec eux, la capacité des femmes à financer et à construire leur propre patrimoine.
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