Accès aux soins : des délais toujours plus longs pour certains patients
Obtenir un rendez-vous médical reste difficile pour de nombreux Français. Selon les nouvelles Cartes de France de l’accès aux soins 2026 publiées par Doctolib, la Fondation Jean-Jaurès et le géographe Joy Raynaud, les écarts continuent de se creuser entre les territoires et les professions médicales.
Des délais très variables selon les spécialités
Tous les patients ne sont pas confrontés aux mêmes difficultés. L’étude, réalisée à partir de plus de 230 millions de consultations effectuées en 2025, montre que certaines spécialités restent sous forte tension. En médecine générale, le délai médian pour obtenir un rendez-vous atteint désormais 3 jours. Il grimpe ensuite à :
- 6 jours pour un kinésithérapeute ;
- 8 jours pour un pédiatre ;
- 10 jours pour un chirurgien-dentiste ;
- 12 jours pour une sage-femme.
Mais la situation se complique davantage pour d’autres spécialités. Ainsi, il faut compter en moyenne :
- 32 jours pour consulter un dermatologue ;
- 42 jours pour un cardiologue.
L’étude révèle toutefois quelques améliorations entre 2023 et 2025, notamment en ophtalmologie, en dermatologie et en gynécologie. À l’inverse, les délais continuent de progresser en pédiatrie, en psychiatrie ou encore en cardiologie. Au-delà des difficultés de prise en charge, il est bon de rappeler que certains patients peuvent rencontrer d’autres problématiques liées à leur santé. C’est par exemple le cas de complications dans l’accès à l’assurance de prêt immobilier. Certaines pathologies peuvent notamment entraîner des exclusions de garantie, une surprime, voire un refus de prise en charge.
De plus en plus de patients renoncent à consulter
Autre enseignement marquant : le renoncement aux soins progresse. Selon l’enquête menée auprès de 8 000 Français, 63 % des interrogés déclarent avoir déjà abandonné l’idée de prendre un rendez-vous médical. Contrairement aux idées reçues, ce phénomène ne touche pas uniquement les ménages les plus modestes. Les profils qui abandonnent le plus souvent leurs démarches sont :
- les 25-34 ans (75 %) ;
- les cadres (71 %) ;
- les ouvriers (63 %) ;
- les personnes sans activité (63 %).
Faute de solution rapide, près d’un quart des personnes interrogées déclarent s’être rendues aux urgences au cours des douze derniers mois. Dans le même temps, les usages numériques progressent. L’étude montre qu’une partie des patients utilise désormais des outils d’intelligence artificielle conversationnelle pour obtenir des informations médicales.
Des inégalités toujours marquées selon les territoires
Comme souvent, tous les territoires ne sont pas logés à la même enseigne. En cardiologie, le délai médian varie par exemple de 16 jours à Paris à 164 jours dans le Gers. En ophtalmologie, il passe de 5 jours en Seine–Saint-Denis à 153 jours dans le Gers. Pour les auteurs de l’étude, ces écarts ne s’expliquent pas uniquement par le manque de médecins.
L’organisation des soins joue aussi un rôle important. L’exemple de l’ophtalmologie illustre cette évolution : les délais y ont été divisés par plus de deux en huit ans alors que le nombre de praticiens est resté globalement stable.
À l’inverse, en cardiologie, les effectifs libéraux ont progressé, mais les délais continuent de s’allonger. L’étude met notamment en avant plusieurs leviers encore sous-exploités comme :
- les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ;
- les équipes de soins spécialisées (ESS) ;
- la téléexpertise ou encore l’intelligence artificielle.
La téléconsultation apparaît également comme un outil complémentaire pour accélérer l’accès aux soins. Pourtant, elle reste encore marginale dans la plupart des spécialités avec moins de 3 % de l’activité, hors psychiatrie et médecine générale.
Profitez du meilleur
taux du moment !
À partir de
2.85%
Pour un prêt sur 15 ans*