Expulsions locatives : 30 500 locataires mis à la porte en 2025
Les expulsions locatives ont atteint un niveau record en 2025. La Chambre nationale des commissaires de justice, nouvelle appellation des huissiers de justice, a dévoilé, ce mardi 17 mars, les chiffres alarmants de l’année écoulée.
« Violence sociale et honte nationale »
En 2025, 30 500 locataires français ont été contraints de quitter leur logement. Les expulsions locatives ont augmenté de 27 % par rapport à l’an passé : un chiffre multiplié par dix depuis les années 1980. Les impayés ont également progressé : 175 000 commandements de payer ont été délivrés cette année. L’association du Droit au logement (DAL) dénonce « une violence sociale et une honte nationale ».
Le président de la Chambre nationale, Benoît Santoire, a dressé un constat alarmant : « l’accumulation de ces signaux, entre impayés croissants et recours accru aux dispositifs de désendettement, témoigne d’une dégradation du pouvoir d’achat et d’une vulnérabilité financière plus marquée chez de nombreux ménages locataires. » Il souligne toutefois la nécessité de replacer ces chiffres dans leur contexte : « la proportion d’impayés est assez faible compte tenu du nombre de locataires français ».
Le rapport pointe aussi une hausse inquiétante du nombre de départs « furtifs ». La Chambre nationale dénombre 6 000 locataires préférant fuir leur logement avant l’arrivée des forces de l’ordre, soit une augmentation de 11,7 %.
Des causes multiples
L’inquiétude gagne la Fondation pour le logement des défavorisés. « On voit sur le terrain moins de tolérance pour les personnes âgées, malades, avec des enfants en bas âge, ou sans solution de logement, qui sont expulsées quand même », alerte Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation.
D’après lui, cette explosion relève de décisions de justice plus sévères et d’expulsions plus systématiques, liées à la promulgation, en avril 2025, de la loi Kasbarian, plus couramment appelée loi « anti-squat ». Cette mesure, qui régit les procédures d’expulsions, réduit considérablement les délais de traitement des dossiers et laisse moins de temps à la médiation sociale. Autrement dit, si elle permet l’indemnisation plus rapide des propriétaires, souvent engagés dans un prêt immobilier, elle accélère aussi l’expulsion des locataires.
La Dépêche attribue également cette hausse à un effet de rattrapage post-Covid, période durant laquelle les procédures d’expulsion avaient été temporairement gelées par les pouvoirs publics. En 2025, la France serait parvenue à purger les dossiers restés en suspens à cause de cette paralysie.
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