Immobilier : vers un « retour à la réalité » pour le marché breton ?
Début septembre, les notaires de l’Ouest ont partagé sur leur site internet le dernier volet du baromètre de l’immobilier breton. Il en ressort qu’après une forte période d’inflation, les prix sont aujourd’hui revenus à l’équilibre. Mais ce retour à la normale n’est pas synonyme de marché dynamique pour autant.
La fin de l’euphorie
« L’envolée des prix immobiliers post-Covid est complètement gommée ». C’est en ces termes qu’Anne-Sophie Louis, déléguée à la communication pour la région d’Île-et-Villaine dresse un constat simple : la période d’euphorie semble derrière nous et les prix sont aujourd’hui de retour à un certain équilibre. Il faut dire que le coût des biens bretons avait enregistré une hausse spectaculaire au cours des dernières années, à savoir « de + 34,8 % à 81,9 % selon les départements pour les appartements anciens » et « de + 32,5 à 53,3 % pour les maisons anciennes en 10 ans ».
Cette inflation immobilière s’explique en partie par la présence d’acheteurs venus d’autres régions sur le littoral, accélérée par la période Covid. Cette dernière a en effet profondément changé les projets de vie de nombreux ménages, désireux de s’établir dans un cadre plus verdoyant et naturel.
Mais le bonheur des uns fait bien souvent le malheur des autres. Pour Anne-Sophie Louis, « cette progression de fond pèse directement sur les primo-accédants, dont l’accès à la propriété se resserre ». Conséquence directe : « ils se reportent davantage vers les agglomérations et les villes moyennes, où l’offre reste proportionnée à leurs capacités de financement ».
Un retour à l’équilibre des prix depuis 1 an…
Toujours selon le rapport partagé par les notaires de l’Ouest, on peut constater que les prix pratiqués dans la région se sont stabilisés. Entre les deuxièmes trimestres 2025 et 2026, l’évolution du coût médian par type de biens évolue comme suit :
- + 1,5 % pour les appartements anciens (3 130 €/m²) ;
- – 1 % pour les appartements neufs (4 400 €/m²) ;
- + 1 % pour les maisons anciennes (environ 230 500 €) ;
- + 1 % sur les terrains à bâtir (124 €/m²).
Dans le détail, on peut remarquer des disparités assez marquées d’un département à un autre. Pour faire l’acquisition d’un bien immobilier, les Côtes d’Armor ainsi que le Finistère affichent les prix les plus bas du marché breton. À l’inverse, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine enregistrent les coûts les plus élevés :
| Ille-et-Vilaine | Côtes d’Armor | Finistère | Morbihan | Loire-Atlantique | |
| Prix médian d’un appartement ancien au m² | 3 440 €/m² | 2 420 €/m² | 2 310 €/m² | 3 440 €/m² | 3 290 €/m² |
| Prix médian d’une maison ancienne | 246 400 € | 183 000 € | 211 500 € | 240 000 € | 265 000 € |
… Qui ne relance par le marché pour autant !
En dépit d’un retour à l’équilibre des prix, le marché immobilier breton peine à retrouver des couleurs. Les notaires de l’Ouest font notamment état d’une baisse du volume de transactions (tous biens confondus) de l’ordre de -16,3 % en l’espace d’un an (soit 81 956 ventes), avec dans le détail :
- – 18,6 % pour les appartements anciens ;
- – 9 % pour les appartements neufs ;
- – 20,6 % pour les maisons anciennes ;
- + 11,7 % pour les terrains à bâtir.
Pour expliquer ce phénomène, plusieurs pistes peuvent être évoquées. Taux immobiliers jugés trop élevés, contexte inflationniste ou encore travaux de rénovation énergétique post-achat trop importants peuvent en partie expliquer l’apathie du marché breton.
D’après Alain Gautron, président de la Chambre des notaires de l’Ouest, « ce paradoxe des prix qui tiennent et des volumes qui reculent, dessine un marché prudent, où acheteurs et vendeurs prennent le temps de la décision ». Faut-il y voir une menace pour autant ? Pas forcément, selon maître Gautron qui « cet attentisme n’est pas un signal d’alarme » mais davantage celui d’un « marché qui se rééquilibre après plusieurs années de fortes variations, où chaque territoire retrouve sa propre dynamique ».
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