Accession à la propriété : d’une génération à l’autre, l’écart se creuse entre ménages aisés et modestes
En 2026, 57 % des ménages sont propriétaires, mais seuls 16 % des quadragénaires les plus modestes, nés dans les années 1970, le sont, contre 43 % pour la génération née dans les années 1940, selon la publication du Service des données et études statistiques (SDES) parue en septembre 2026.
Un taux de propriétaires qui dépend d’abord de l’âge
Un peu plus de la moitié des ménages (57 %) sont propriétaires de leur logement en 2026. Un taux en très léger recul depuis 2012 (-0,3 point), alors qu’il était en progression jusqu’en 2011, selon une étude du SDES. Celle-ci nous apprend également que le taux de propriétaires augmente avec l’âge :
- ils sont 5 % chez les 15-24 ans ;
- 54 % chez les 35-44 ans ;
- et 73 % chez les 65-74 ans.
Ce qui frappe ici, c’est l’écart entre les générations. À âge comparable, les générations nées dans les années 1960 et 1970 accèdent moins souvent à la propriété que leurs aînées :
- entre 25 et 34 ans, 23 % des ménages nés entre 1960 et 1979 sont propriétaires ;
- contre 29 % de ceux nés entre 1950 et 1959.
La génération des années 1980 fait un peu mieux au même âge, car les taux d’intérêt bas entre 2012 et 2020 ont facilité les achats des ménages les plus aisés, malgré des prix élevés.
Des prix qui ont progressé bien plus vite que les loyers
Toujours selon l’étude partagée par le SDES, on apprend qu’entre 1960 et 2000, les prix des logements anciens, à caractéristiques équivalentes, ont été multipliés par 67, alors que les loyers sont « seulement » 19 fois plus élevés. Le rapport entre prix et loyers explique à lui seul 14 % de l’écart de taux de propriétaires entre les ménages installés avant 1980 (73 %) et après (49 %). Le taux d’intérêt réel ne ressort pas comme un facteur significatif une fois les autres indicateurs pris en compte.
L’accès au parc social s’est parallèlement réduit en début de parcours :
- 27 % des personnes nées dans les années 1960 étaient locataires du parc social avant 25 ans ;
- contre 15 % pour celles nées dans les années 1980 et 11 % pour celles nées dans les années 1990.
Autre fait notable : entre 25 et 34 ans, 46 % des ménages nés dans les années 1970 louent dans le parc privé, contre 39 % pour ceux nés dans les années 1950.
Des inégalités qui se creusent selon le niveau de vie
C’est l’écart entre ménages aisés et modestes qui s’accentue le plus. Entre 30 et 40 ans, 59 % des ménages les plus aisés de la génération 1970 sont propriétaires, contre 11 % des plus modestes. L’écart persiste pour la génération 1980, avec 64 % contre 12 %. Entre 40 et 50 ans, le taux des ménages les plus modestes passe de 43 % pour la génération des années 1940 à 24 % pour celle des années 1960 et 16 % pour les années 1970, sachant que cette dernière n’a pas encore atteint complètement 50 ans dans les données servant de base pour les calculs. De son côté, le taux des ménages aisés reste stable entre 69 % et 75 %.
Le SDES relie cette évolution à la difficulté de constituer un apport, qui conditionne la capacité d’emprunt et même l’accès au crédit immobilier. Il note aussi que les ménages aidés par leur famille deviennent plus souvent propriétaires. Les couples sont aussi bien mieux placés que les familles monoparentales (72 % contre 41 % de propriétaires entre 45 et 54 ans pour la génération 1960).
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