Arrêts maladie : le gouvernement prépare de nouvelles mesures face à une hausse jugée « insoutenable »
La facture des arrêts de travail continue de grimper et inquiète l’exécutif. Invitée jeudi dernier sur Sud Radio, la ministre de la Santé Stéphanie Rist a alerté sur une dynamique budgétaire difficilement tenable. Les dépenses atteignent désormais « presque 20 milliards d’euros », avec une hausse d’environ « un milliard de plus tous les ans ». Dans ce contexte, le gouvernement prévoit d’annoncer de nouvelles mesures « mi-avril » pour tenter d’enrayer cette progression, un sujet qui pèse plus largement sur l’équilibre du système de protection sociale et, indirectement, sur des dispositifs comme l’assurance emprunteur.
Les arrêts courts dans le viseur
Parmi les priorités de l’exécutif : les arrêts de travail de courte durée. Ces arrêts « de deux ou trois jours », souvent répétés, connaissent une forte augmentation. S’ils ne représentent pas la part la plus coûteuse, ils sont accusés de désorganiser fortement les entreprises. « C’est ce sujet que nous voulons prendre à bras-le-corps », a insisté la ministre.
Ces réflexions interviennent alors que les indemnités journalières ont fortement augmenté ces dernières années. Selon les données du ministère, leur coût est passé de 12,4 milliards d’euros en 2019 à 17,9 milliards en 2025, soit une hausse de 45 % en six ans. Face à cette dérive, plusieurs réunions interministérielles se tiennent depuis début mars pour définir un plan d’économies.
Lutter contre la fraude et éviter les dérives
Au-delà des arrêts courts, le gouvernement entend aussi renforcer la lutte contre la fraude. Stéphanie Rist a notamment pointé du doigt les sites frauduleux proposant des arrêts maladie sans consultation médicale. Un phénomène difficile à enrayer : il faut aujourd’hui près de six mois pour fermer ces plateformes, qui réapparaissent souvent en quelques heures sous une autre forme.
En 2025, l’Assurance maladie a détecté et stoppé 723 millions d’euros de fraudes, dont 49 millions liés aux arrêts de travail. Parallèlement, la ministre a tenu à ne pas « stigmatiser » les médecins, évoquant des abus « rares » et insistant sur la nécessité de travailler avec eux pour trouver des solutions « pragmatiques et efficaces ».
Des pistes encore floues et des critiques
Si les mesures précises restent inconnues, plusieurs pistes sont à l’étude, y compris sur les arrêts de longue durée. Ces derniers représentent 82 % des dépenses, bien qu’ils soient moins fréquents. En 2024, ils ont coûté 9,1 milliards d’euros, contre 1,8 milliard pour les arrêts de moins d’un mois.
Le sujet est également sensible sur le plan politique. L’an dernier, une tentative d’allongement du délai de carence avait été rejetée. De plus, les partenaires sociaux n’ont pas été associés aux discussions actuelles, ce qui suscite des critiques.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a réuni plusieurs ministres à Matignon pour accélérer les travaux. Un vote solennel sur le projet de loi contre les fraudes sociales et fiscales est par ailleurs prévu le 7 avril. Les annonces attendues mi-avril pourraient marquer un nouveau tournant dans la régulation des arrêts maladie.
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