Encadrement des loyers : près de 4 annonces sur 10 dépassent les plafonds
L’encadrement des loyers est loin d’être toujours respecté. En 2026, 37 % des annonces analysées dépassent les plafonds autorisés dans les villes concernées, selon la Fondation pour le logement (anciennement Fondation Abbé Pierre).
Les dépassements de loyers repartent à la hausse
Les chiffres se dégradent pour la deuxième année consécutive. Selon le 6e baromètre de la Fondation pour le logement, la part des annonces qui ne respectent pas les plafonds atteint :
- 37 % en 2026 ;
- 32 % en 2025 ;
- 28 % en 2024.
L’étude s’appuie sur plus de 10 000 annonces publiées entre août 2025 et août 2026 dans près de 70 communes. Toutefois, il est à noter que si les dépassements sont plus fréquents, leur montant moyen diminue : il est passé de 192 € à 159 € par mois en un an. La situation varie aussi fortement d’une ville à l’autre. À Montpellier, seules 12 % des annonces dépassent les plafonds, contre 17 % à Bordeaux, 25 % à Lille et 26 % à Lyon-Villeurbanne.
À Paris, près d’une annonce sur deux dépasse les plafonds
Sans réelle surprise, c’est dans la capitale que la dégradation est la plus marquée : 46 % des annonces dépassent le loyer-plafond en 2026, contre 31 % un an plus tôt. En banlieue parisienne, la proportion atteint 36 % à Est Ensemble et grimpe jusqu’à 61 % à Plaine Commune.
La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim) conteste toutefois la méthodologie du baromètre. Son président, Loïc Cantin, juge l’échantillon étudié « nullement représentatif » et estime que les contrôles devraient plutôt porter sur les baux réellement signés. Mais il n’est pas question pour autant de cautionner les dépassements, le président de la Fnaim condamnant fermement les propriétaires qui « s’affranchissent des règles ». Pour expliquer ce phénomène, il mentionne les conséquences d’un marché locatif sous tension. L’accès au logement, que ce soit via la location ou l’acquisition par le biais d’un prêt immobilier, reste en effet difficile pour de nombreux ménages.
Quel avenir pour l’encadrement des loyers ?
L’expérimentation de l’encadrement des loyers doit prendre fin en novembre 2026 si aucune loi ne vient prolonger le dispositif. Or, la Fondation pour le logement réclame justement sa pérennisation et un renforcement des contrôles. De son côté, la Fnaim défend une position opposée : Loïc Cantin juge l’encadrement des loyers « contre-productif » et considère que son contrôle coûte trop cher à l’État. Selon lui, il est préférable de mieux faire respecter les règles déjà en vigueur dans un premier temps. Le président de la fédération cite notamment les logements classés G, interdits à la location mais qui apparaîtraient encore régulièrement sur certaines plateformes entre particuliers.
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