Hôpitaux publics : l’explosion des dépenses menace l’accès aux soins
Déjà sous tension, les hôpitaux publics doivent faire face à une hausse de leurs charges sur fond de crise de l’accès aux soins. Une situation qui oblige à repenser l’organisation globale du système, selon la Fédération hospitalière de France (FHF).
11 milliards de dépenses supplémentaires
La situation financière des hôpitaux publics pourrait se tendre davantage dans les prochaines années. La Fédération hospitalière de France (FHF) alerte sur une augmentation importante des charges, basant ses craintes sur la troisième édition du Baromètre FHF x Ipsos BVA sur l’accès aux soins.
Selon les projections de l’administration, les établissements devront absorber :
près de 11 milliards d’euros de charges supplémentaires entre 2026 et 2029 ;
soit environ 3 milliards d’euros par an.
Cette dynamique s’explique en grande partie par la progression des dépenses de personnel due notamment au :
- vieillissement des effectifs ;
- l’évolution des carrières des agents ;
- la hausse des cotisations retraite.
D’autres facteurs viennent accentuer cette pression, comme la participation à la complémentaire santé des agents, mais aussi la mise en place de ratios minimaux de soignants par patient à partir de 2027. Une mesure qui vise à améliorer la qualité des soins, mais qui implique également une hausse des effectifs et donc des coûts supplémentaires pour les établissements.
Un système sous pression
Cette hausse des charges intervient dans un contexte budgétaire déjà fragilisé. Les hôpitaux publics sont dans le rouge depuis déjà plusieurs années. Dans son communiqué de presse, la FHF évoque un déficit de :
- 2,7 milliards d’euros en 2024 (hors Ehpad) ;
- 2,5 milliards en 2025.
Ces déséquilibres s’expliquent en partie par des facteurs extérieurs. L’inflation a pesé sur les coûts de fonctionnement, tandis que les revalorisations salariales mises en place après la crise sanitaire ont durablement augmenté les charges. Parallèlement, l’accès aux soins continue de se dégrader. Selon le dernier baromètre FHF x Ipsos BVA, 73 % des Français déclarent avoir déjà renoncé à au moins un soin au cours des cinq dernières années, en forte hausse par rapport à 2024. Cette absence de suivi de santé peut également avoir des conséquences sur l’accès à l’assurance emprunteur. Des pathologies détectées trop tard peuvent conduire à une surprime de la part de l’assureur, voire un refus de couverture.
Repenser l’organisation du système de santé
Dans la majorité des cas, ces renoncements s’expliquent par l’allongement des délais d’attente. Faute de solutions en ville, de plus en plus de patients se tournent vers l’hôpital. Résultat : un Français sur deux indique s’être déjà rendu aux urgences sans relever d’une situation réellement urgente. Face à ces tensions, la FHF appelle à une réflexion globale sur l’organisation du système de santé. L’enjeu dépasse la seule gestion des établissements et concerne l’ensemble du parcours de soins. Les inspections évoquent plusieurs pistes, comme :
le développement de l’hospitalisation à domicile ;
de l’ambulatoire ;
ou encore une meilleure coordination à l’échelle des territoires.
La question des fermetures d’établissements n’est pas directement posée à ce stade. Mais le débat sur la répartition des ressources et l’adaptation de l’offre de soins pourrait s’intensifier dans les prochaines années, alors que les besoins continuent d’augmenter.
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