Sécurité sociale : vers un chamboulement inévitable dans la prise en charge des soins ?
Le rééquilibrage des finances de la Sécurité sociale est un sujet brûlant. Et une récente interview du Premier ministre Sébastien Lecornu dans Paris-Match a définitivement mis le feu aux poudres.
Un déficit de plus en plus important à combler
Publié le 27 mai dernier, le rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale de la Cour des comptes souligne un déficit croissant de la part de la Sécurité sociale. Celui-ci était estimé à :
- 10,8 milliards € en 2023 ;
- 15,3 milliards € en 2024 ;
- 21,6 milliards € en 2025.
Dans son rapport, l’organisme mentionne la nécessité de corriger cette trajectoire, après des années Covid et post-Covid particulièrement coûteuses sur le plan financier.
Une déclaration qui fait jaser
Interviewé par Paris-Match en date du 22 juillet, Sébastien Lecornu, l’actuel Premier ministre, a suscité de vives réactions après avoir évoqué son objectif de réduire le déficit croissant de la Sécurité sociale. Du moins, c’est surtout la manière par laquelle il souhaite procéder qui a du mal à passer auprès de l’opinion publique. En effet, le Premier ministre entend réhausser les plafonds des franchises, aussi bien pour les médicaments que les consultations. Concrètement, cette mesure signifierait un reste à charge plus important pour les patients. Néanmoins, Sébastien Lecornu tient à tempérer cette proposition et affirme « demander un effort à ceux qui achètent plus de 50 boîtes de médicaments par an ou vont plus de 25 fois chez le médecin par an, tout en protégeant les plus fragiles socialement ».
D’autres pistes envisagées pour réduire le déficit
Dans un article publié par Les Échos, on apprend que le Gouvernement envisage d’autres pistes pour assainir les finances de la Sécurité sociale. Parmi elles, on peut mentionner une baisse de la prise en charge :
- des médicaments dont le service médical est jugé faible ou modéré ;
- des soins effectués auprès d’un chirurgien-dentiste ;
- des transports sanitaires ;
- de divers produits et dispositifs médicaux (pansements, orthèses, etc.).
En conséquence, on peut légitimement prévoir une augmentation franche des cotisations pour la souscription d’une complémentaire santé, qui pourrait elle-même se reporter sur le coût d’autres produits à l’image de l’assurance emprunteur.
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