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Tabac, alcool, protoxyde d’azote : les consommations qui inquiètent

12 % des jeunes déclarent avoir déjà expérimenté le protoxyde d'azote.
Diane Levy  3 min

Alors que la consommation d’alcool, de tabac ou de drogues reste présente chez les jeunes, une autre pratique inquiète de plus en plus : le protoxyde d’azote. Une étude Ipsos réalisée pour la Macif et publiée en juin 2026 révèle que 12 % des 16-30 ans ont déjà expérimenté ce gaz, pourtant associé à des risques importants pour la santé.

Des consommations « traditionnelles » plutôt stables

L’étude montre que certaines tendances de consommation évoluent peu. Parmi les consommations régulières, définies comme au moins une fois par mois, la cocaïne et l’héroïne sont chacune consommées par 4 % des jeunes, soit une baisse d’un point par rapport à 2021. L’alcool enregistre le recul le plus marqué : sa consommation régulière atteint 45 %, en baisse de 5 points. À l’inverse, le tabac est le seul produit en hausse. Sa consommation régulière progresse de deux points depuis 2021 pour atteindre 27 %.

Le tabagisme est associé à de nombreuses pathologies, notamment cardiovasculaires et respiratoires, ainsi qu’à plusieurs formes de cancers. Lors d’une demande de crédit immobilier, certaines informations relatives à l’état de santé ou au statut de fumeur peuvent être prises en compte par l’assurance emprunteur. Les fumeurs peuvent ainsi se voir appliquer une surprime en raison d’un risque de santé jugé plus élevé.

Le tabac n’est toutefois pas la seule substance préoccupante. La consommation de protoxyde d’azote est restée stable depuis 2021, mais ses effets sur la santé continuent d’inquiéter les professionnels de santé.

Le protoxyde d’azote s’installe dans les habitudes

Le protoxyde d’azote, aussi appelé « gaz hilarant », est notamment utilisé comme anesthésiant ou en cuisine. Toutefois, son usage a été détourné ces dernières années à des fins récréatives. Certains jeunes consomment cette substance en devenant dépendants. L’étude a ainsi quantifié pour la première fois l’ampleur du phénomène : 12 % des jeunes déclarent avoir déjà expérimenté le protoxyde d’azote. Parmi eux, 3 % en consomment régulièrement et 9 % occasionnellement.

Pour beaucoup, il ne s’agit que d’un divertissement : en effet, 42 % le consomment « juste pour s’amuser » et 71 % le consomment lors de soirées entre amis. Toutefois, 35 % reconnaissent également en faire usage seuls à leur domicile. Pour d’autres, les motivations sont davantage liées au bien-être psychologique. Près de 21 % déclarent en consommer pour se sentir bien. Une proportion équivalente indique y recourir pour déstresser, tandis que 20 % affirment vouloir « se laisser aller ».

Une substance loin d’être sans danger

L’usage du protoxyde d’azote suscite toutefois l’inquiétude en raison des risques qu’il présente pour la santé. Cette substance peut notamment provoquer des pertes de conscience. Ainsi, la moitié des répondants déclarent avoir déjà perdu le contrôle au moins une fois sous son effet, tandis que 14 % rapportent plusieurs épisodes de perte de conscience.

Si les jeunes semblent conscients de sa dangerosité, attribuant au protoxyde d’azote une note de risque de 8,7 sur 10, les conséquences de sa consommation restent bien réelles. Parmi les personnes interrogées, 35 % déclarent ressentir des émotions négatives. Une proportion équivalente évoque des difficultés ou des échecs scolaires. Par ailleurs, 33 % disent s’être isolés et 27 % déclarent avoir eu des pensées suicidaires.

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