Vers un assouplissement de l’interdiction de location des passoires thermiques
Le gouvernement envisage d’assouplir les règles qui interdisent progressivement la location des logements les plus énergivores. Une mesure qui pourrait soulager certains propriétaires bailleurs, mais qui suscite déjà de vives critiques.
Les logements classés G bientôt plus faciles à louer ?
Depuis le 1ᵉʳ janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) sont considérés comme non décents et ne peuvent plus être proposés à la location, conformément à la loi Climat et Résilience. Pourtant, de nombreux propriétaires dénoncent l’impossibilité de financer rapidement les travaux de rénovation nécessaires.
Dans une conférence de presse donnée à Marseille le 23 avril dernier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a évoqué la possibilité d’un assouplissement : lorsque la copropriété bloque les travaux ou que le propriétaire a engagé des démarches sans pouvoir agir immédiatement, la location pourrait être autorisée temporairement.
Selon le gouvernement, près de 1,4 millions de logements sont concernés par cette interdiction, un volume très important sur un marché locatif déjà tendu.
Un débat entre urgence climatique et crise du logement
Cette annonce suscite l’opposition du Réseau Action Climat, qui y voit un recul sur la lutte contre les passoires thermiques. Anne Bringault, directrice des programmes au sein du réseau et interrogée par Franceinfo, précise que ces logements exposent davantage les locataires à la précarité énergétique, avec des factures plus lourdes et un inconfort thermique important.
Bien que la rénovation soit un enjeu majeur pour le parc immobilier français, le gouvernement défend une mesure qu’il qualifie de pragmatique, car certains propriétaires de bonne foi ne peuvent pas toujours lancer les travaux dans les délais imposés.
Financer la rénovation reste la vraie question
Derrière ce débat réglementaire, la principale difficulté est souvent budgétaire. Isolation, changement de chauffage, ventilation… La rénovation énergétique représente plusieurs milliers, voire dizaines de milliers d’euros. Un frein pour de nombreux propriétaires, déjà contraints par le remboursement de leur regroupement de crédits. Le prêt à taux zéro, MaPrimeRénov’ ou encore certains prêts bancaires dédiés peuvent également accompagner ces travaux selon la situation du bien et du propriétaire.
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