Immobilier : pourquoi les Français repoussent encore leurs projets d’achat ?
L’envie de devenir propriétaire reste bien présente, mais le passage à l’acte demeure compliqué. Selon le dernier rapport de Bien’ici, les ménages continuent de consulter les annonces immobilières tout en retardant leur décision d’achat. En cause : le poids du financement, des budgets contraints, des taux de crédits immobiliers en hausse, et un contexte économique encore incertain.
Un net recul de la demande
Le constat est sans appel. Les demandes de contacts sur les annonces immobilières ont chuté de 22 % au troisième trimestre 2026, par rapport à la même période de l’année précédente. Dans le même temps, l’offre continue de progresser avec une hausse de 4 % du nombre de biens mis en vente.
Pour David Benbassat, président de Bien’ici, les Français restent attentifs à l’évolution du secteur immobilier, mais hésitent davantage à concrétiser leurs projets.
Le budget, le principal frein à l’achat
Avec la hausse des taux de crédit, le coût total d’un achat immobilier reste élevé. Les ménages doivent composer avec des finances sous contraintes, dans un contexte marqué par l‘augmentation des dépenses du quotidien, des factures énergétiques et les incertitudes économiques du moment.
Cette prudence se traduit concrètement par des délais de réflexion plus longs. Les acquéreurs prennent davantage de temps avant de se décider, et recherchent des biens plus adaptés à leur capacité financière.
Au troisième trimestre, une annonce est restée visible en moyenne 82 jours sur le site de Bien’ici, contre 81 jours un an auparavant. Les maisons sont les plus concernées, avec une durée moyenne de 91 jours, contre 71 jours pour les appartements.
Le marché du neuf peine à convaincre
Le recul de la demande est encore plus marqué dans le neuf. Malgré une baisse de 6 % des prix affichés et une augmentation de 6 % du nombre de programmes dédiés au neuf, les demandes reculent de 21 % sur un an.
Ces chiffres montrent que la seule baisse des prix ne suffit plus à relancer les ventes. Les difficultés de financement et les arbitrages budgétaires continuent de peser sur les décisions des ménages.
Des disparités selon les territoires
La situation reste contrastée selon les régions. En Île-de-France, les prix affichés résistent particulièrement bien. À Paris, les appartements atteignent 11 434 €/m² en moyenne, en hausse de 0,5 % sur un an. En Île-de-France hors Paris, ils progressent de 2 %, à 5 268 €/m².
Le contraste est net avec les zones urbaines situées hors Île-de-France, où les prix affichés des appartements reculent de 1,2 %. À l’inverse, ils progressent de 0,8 % dans les zones périurbaines. Selon le site d’annonces en ligne, cette évolution pourrait traduire un intérêt des acheteurs pour des secteurs plus accessibles financièrement.
Toujours selon l’étude, le troisième trimestre 2026 ne marque pas un effondrement du marché immobilier, mais plutôt une période d’attentisme. L’envie d’acheter est toujours présente, mais les ménages peinent à réunir les conditions nécessaires pour concrétiser leur projet.
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