Dépenses santé 2024 : 212 milliards d’euros, pourquoi ce bond ?
Selon une étude de l’Assurance maladie, les remboursements ont fortement augmenté entre 2015 et 2024, sous l’effet du vieillissement de la population et de la progression des maladies chroniques, telles que les cancers, les maladies cardiovasculaires ou encore les troubles psychiatriques.
Plus de 212 milliards d’euros de dépenses remboursées en 2024
En 2024, les dépenses remboursées par l’ensemble des régimes de l’Assurance maladie ont atteint 212,6 milliards d’euros et concerné 67,6 millions de personnes. Depuis 2015, elles ont progressé de 59,9 milliards d’euros.
Les maladies chroniques sont restées le premier poste de dépenses du système de santé, avec 134 milliards d’euros, soit 63 % de l’ensemble des remboursements.
Selon l’étude, cette évolution s’explique à la fois par l’augmentation du nombre de personnes atteintes de ces pathologies, mais aussi par l’amélioration du dépistage et de leur prise en charge.
En conséquence, les patients vivent plus longtemps avec leur maladie grâce aux progrès médicaux. Cette évolution se traduit par une hausse des besoins en soins, en traitements et en suivi médical.
Cancers, maladies cardiovasculaires et santé mentale en première ligne
Parmi l’ensemble des pathologies chroniques, trois catégories concentrent une part importante des dépenses de santé : les cancers, les maladies cardiovasculaires et les troubles de santé mentale. À eux seuls, ces trois groupes de pathologies ont représenté 89 milliards d’euros en 2024, soit près de 42 % de l’ensemble des remboursements.
Les cancers figurent parmi les pathologies les plus coûteuses en raison de la complexité des traitements et du recours fréquent à l’hospitalisation. La prise en charge a atteint 29,3 milliards d’euros, soit 15 % des dépenses totales.
Les maladies cardiovasculaires ont également représenté une part importante des dépenses de santé, avec 30,9 milliards d’euros de remboursements, soit 15 % des dépenses de santé. Enfin, la prise en charge des troubles de santé mentale s’est élevée à 29,1 milliards d’euros, représentant environ 14 % des remboursements.
Cancer et assurance emprunteur
La grande majorité des maladies chroniques peut compliquer l’accès à l’assurance emprunteur. Dans le cadre d’un crédit immobilier, les banques demandent généralement une assurance afin de garantir le remboursement du prêt en cas d’aléas de la vie. Le cancer fait partie des pathologies considérées comme des risques aggravés de santé. Selon le profil de l’emprunteur, cela peut entraîner :
- une surprime ;
- des exclusions de garanties ;
- un refus d’assurance.
Plusieurs dispositifs liés à la loi Lemoine permettent de faciliter l’accès à l’assurance de prêt immobilier :
- le droit d’en souscrire une sans questionnaire médical pour les prêts inférieurs à 200 000 € par personne et d’en changer à tout moment ;
- la convention Aeras, qui prévoit un réexamen des dossiers présentant un risque aggravé de santé ;
- le droit à l’oubli, qui permet à certaines personnes en rémission de ne plus déclarer leur ancien cancer cinq ans après la fin du protocole thérapeutique et en l’absence de rechute.
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