menu mobile fermer menu

Mon menu

Le régime réel en location : guide pratique pour optimiser ses impôts locatifs

Ce qu'il faut retenir

Le régime réel d’imposition offre l’opportunité à un investisseur locatif d’optimiser sa fiscalité sur ses revenus fonciers. En déduisant ses charges locatives à leur valeur réelle, il peut permettre à un propriétaire bailleur de réduire sensiblement son imposition voire même de l’annuler sur certains exercices fiscaux. Le régime réel doit cependant être choisi en toute connaissance de cause pour ne pas perdre le bénéfice de la déduction : 

  • le régime réel est attribué par défaut à tout propriétaire bailleur d’un logement nu (non meublé) dont les revenus locatifs dépassent 15 000 € bruts par an (hors charges) ; 
  • il peut également être choisi en option par ceux dont les revenus fonciers sont inférieurs à 15 000 € ; 
  • le régime réel offre la possibilité de déduire de nombreuses charges liées au bien des loyers perçus (intérêts d’emprunt, taxe foncière, primes d’assurance, certains travaux de rénovation, etc.) avec la prise en compte des dépenses à leur valeur réelle ; 
  • il permet donc d’aller au-delà de l’abattement automatique de 30 % du régime micro-foncier et même de créer du déficit foncier, l’excédent de charges pouvant être reporté sur les exercices suivants ; 
  • le choix du régime réel est irrévocable pendant une période de 3 ans, ce qui nécessite un montant de charges à prévoir suffisamment important pour être plus rentable que l’abattement de 30 % du micro-foncier sur ce laps de temps.
Régime réel location
Diane Levy 11 min

Qu’est-ce que le régime réel d’imposition ?

L’investissement locatif est une excellente opportunité pour générer des revenus complémentaires et développer son patrimoine. Mais après avoir perçu vos premiers loyers vient rapidement le moment de les déclarer à l’administration fiscale. L’imposition des revenus fonciers pour une location nue (non-meublée) peut alors être effectuée selon deux régimes spécifiques : le régime micro-foncier et le régime réel. Si le premier se distingue par sa simplicité (un abattement forfaitaire de 30 %), le second peut s’apparenter à un puissant outil d’optimisation de la rentabilité immobilière.

Le régime réel en location nue offre l’opportunité à un investisseur de déduire de ses revenus locatifs la plupart des charges liées à l’entretien et à la gestion du bien immobilier. Cette déduction du montant exact des dépenses supportées sur les loyers permet de réduire sensiblement son assiette taxable en étant imposé seulement sur le bénéfice net (loyers perçus – charges locatives). 

Pour les propriétaires bailleurs avec d’importantes charges (notamment à la suite de travaux de rénovation), le régime réel peut offrir l’opportunité d’annuler totalement sa fiscalité locative sur un exercice, voire même sur plusieurs, grâce au déficit foncier. Le surplus de charges peut en effet être reporté sur les exercices suivants.

Comment en bénéficier : les conditions d’éligibilité

Le régime réel est attribué d’office aux propriétaires bailleurs en location non-meublée réalisant plus de 15 000 € de revenus locatifs bruts annuels.

Il peut cependant également être choisi en option lorsque les revenus fonciers sont inférieurs à 15 000 € bruts par an (hors charges) si le propriétaire estime que cette méthode de calcul est plus avantageuse pour sa situation.

Le contribuable choisissant le régime réel doit par ailleurs être en mesure de justifier les dépenses supportées pendant une durée de 3 ans en cas de contrôle fiscal. Il doit donc conserver toutes les factures et tous les justificatifs de dépenses pendant cette période.

Le régime réel ne peut enfin être choisi par les propriétaires ayant acquis leur bien via un dispositif de défiscalisation (Pinel Scellier, Denormandie, Périssol, etc.).

Comparateur de prêt immobilier

Quelles charges peuvent être déduites dans le régime réel ?

Le régime réel offre la possibilité de déduire tous les frais inhérents à la gestion locative du bien immobilier détenu. Voici la liste des charges déductibles des revenus locatifs : 

  • les frais de gestion et d’administration du bien : il peut s’agir de la rémunération du concierge, des honoraires d’agence pour la gérance du bien, des frais de syndic pour la gestion de l’immeuble ou encore des frais de procédure en cas de litige avec un locataire (avocat, notaire, huissier, etc.) ;
  • les autres frais de gestion, plafonnés à 20 € par an et par bien, couvrant les dépenses de communication (lettres, timbres, etc.) ; 
  • les provisions pour charges de copropriété (diminuées des charges récupérables ou non déductibles). Elles doivent être régularisées l’année suivante après le vote des comptes en assemblée générale ; 
  • les intérêts d’emprunt et les éventuels frais de dossier pour l’obtention du financement ; 
  • les primes d’assurance emprunteur
  • les autres primes d’assurance se rapportant au bien : assurance propriétaire non-occupant (PNO) ou garantie loyers impayés (GLI) ;
  • les impôts locaux relatifs au bien : principalement la taxe foncière et certaines taxes additionnelles spécifiques aux régions (par exemple sur le stationnement) ; 
  • les frais d’entretien et de réparation afin de maintenir le logement en bon état : il peut s’agir par exemple d’un ravalement de façade, d’un remplacement d’équipement (ballon d’eau chaude par exemple) ou d’une réfection de la toiture. Seuls les frais incombant spécifiquement au propriétaire et non au locataire peuvent être déduits ; 
  • les travaux d’amélioration permettant d’optimiser le confort au sein du logement. Il s’agit principalement de travaux de rénovation énergétique (isolation, remplacement de chauffage, de fenêtres, etc.).

Exemple de calcul au régime réel et différence avec le micro-foncier

Pour mesurer la pertinence du régime réel d’imposition, prenons l’exemple de M. Durand qui a investi dans un appartement qu’il a mis en location. Pour ce bien, il a perçu au cours de l’année 12 500 € de revenus locatifs bruts. Il est donc par défaut soumis au régime micro-foncier (moins de 15 000 € de revenus fonciers). 

Pour son appartement, il a souscrit un crédit immobilier pour lequel il rembourse chaque mois 300 € d’intérêts (soit 3 600 € par an). Suite à l’acquisition, il a également entrepris d’importants travaux de remise aux normes et de rénovation du bien (isolation, remplacement des menuiseries, remplacement des chauffages, réfection de peinture, rénovation de salle de bain). Au total, il a dépensé 20 000 € pour la remise à neuf du logement. Il doit par ailleurs s’acquitter de 800 € de taxe foncière par an

Il s’interroge donc sur l’opportunité de choisir le régime réel plutôt que le régime micro-foncier. Détaillons les 2 scénarios : 

  • Calcul de l’imposition au régime micro-foncier

Charges déductibles = Revenus locatifs x 30 % (abattement forfaitaire) soit 12 500 x 0,30 = 3 750 €.

Sur la première année, son assiette taxable est réduite de 3 750 €. Ses revenus locatifs sont donc imposés à hauteur de 8 750 €

Pour un taux marginal d’imposition (TMI) à 11 %, il paye donc 962,50 € d’impôts (8 750 x 0,11) ainsi que 1 505 € de prélèvements obligatoires (8 750 x 17,2 %) soit un total de 2 467,50 € par exercice (à revenus constants). 

  • Calcul de l’imposition au régime réel

Base taxable = Revenus locatifs – total des charges déductibles soit 12 500 – (20 000 + 3 600 + 800) = – 11 900 €.

Suite à ses travaux, les charges du propriétaire sont bien supérieures à ses revenus locatifs sur l’exercice. Il n’a donc aucun impôt foncier à payer sur l’année concernée. Il est même en capacité de réduire son imposition sur les exercices suivants suite au déficit foncier créé en reportant les charges excédentaires sur ses revenus locatifs futurs. 

À périmètre constant, sur l’exercice suivant, sa base taxable sera seulement de 600 € (12 500 – 11 900). Son imposition sera alors de (600 x 0,11) + (600 x 0,172) = 169,20 €.

Pour la troisième année en revanche, ses charges déductibles seront bien moindres puisqu’elles se limiteront aux intérêts d’emprunt et à la taxe foncière soit 4 400 € (3 600 + 800). Sa base foncière imposable sera alors de 8 100 € (12 500 – 4 400) et son imposition de (8 100 x 0,11) + (8 100 x 0,172) soit 2 284,20 €.

En résumé, les impôts dus pour les 3 années seront les suivants : 

Année 1 : 0 € ;

Année 2 : 169,20 € ; 

Année 3 : 2 284,20 € 

Sur ses 3 ans d’engagement irrévocable au régime réel, il aura donc dû s’acquitter de “seulement” 2 453,40 € d’impôts fonciers (2 284,20 + 169,20). C’est bien moins que s’il était resté au régime micro-foncier puisqu’il aurait dû payer 7 402,50 € d’impôts fonciers (2 467,50 € x 3).

Quels sont les avantages du régime réel par rapport au régime micro-foncier ?

Pour les investisseurs aguerris, le régime réel peut être une excellente opportunité d’optimisation fiscale, à condition qu’il soit utilisé à bon escient. Le régime réel permet notamment : 

  • de déduire ses charges au-delà des 30 % d’abattement automatique du régime micro-foncier et donc de réduire sensiblement son assiette taxable sur les revenus locatifs. Un propriétaire avec de nombreuses charges sur l’exercice (notamment suite à des travaux de réparation ou d’amélioration) peut même, dans certains cas, gommer totalement sa fiscalité locative pour l’année concernée ; 
  • de créer du déficit foncier : lorsque les charges déductibles sont supérieures aux revenus fonciers sur l’exercice fiscal concerné, le propriétaire bailleur a la possibilité de reporter cet excédent. C’est le déficit foncier. Celui-ci peut alors servir à diminuer l’imposition de 2 façons : 
    • en imputant les charges excédentaires sur le revenu global du contribuable (et non plus seulement sur les revenus locatifs) dans la limite de 10 700 € par an (ou 21 400 € suite à des travaux de rénovation énergétique). Ce report sur le revenu global peut être effectué sur les 6 exercices suivants ; 
    • en reportant le surplus sur les revenus fonciers des exercices suivants. Cette imputation peut être effectuée pendant 10 années consécutives ;   
  • de faire coïncider son imposition avec les charges effectivement supportées. Avec le régime micro-foncier, vous pouvez vous retrouver à payer des impôts supplémentaires à cause d’un bénéfice qui ne correspond pas forcément à la réalité (bénéfice fictif). Avec le régime réel, vous optimisez pleinement vos dépenses et pouvez mettre en place une réelle stratégie d’optimisation pour votre bien (rénovation énergétique étalée sur plusieurs exercices, emprunt sur une longue durée pour déduire au maximum les intérêts, etc.).
Comparateur de prêt immobilier

Régime réel : les points de vigilance

Pour bénéficier des avantages du régime réel d’imposition, encore faut-il être attentif à certains éléments susceptibles d’annihiler tout ou partie de vos efforts d’optimisation de la fiscalité locative : 

  • le délai d’engagement : c’est le principal “piège” du régime réel. Le choix du régime réel en option implique un engagement irrévocable de 3 ans. Si vous avez de grosses charges à déduire seulement sur la première année, vous optimiserez votre imposition le premier exercice mais risquerez de perdre de l’argent sur les exercices suivants puisque vous ne bénéficierez pas de l’abattement automatique de 30 % du régime micro-foncier. Assurez donc vous bien que vos charges lissées soient suffisantes sur la moyenne des trois exercices ;
  • la nature des travaux déductibles : tous les travaux ne sont pas éligibles à la déduction fiscale sur les revenus locatifs et la frontière peut parfois être ténue entre les différentes rénovations. En effet, seuls les travaux de réparation, d’entretien ou d’amélioration (rénovation énergétique, remplacement de chauffage, de fenêtres, de douche, réfection peinture, etc) peuvent faire l’objet d’une déduction. Les travaux d’agrandissement, d’extension, de reconstruction ou de modification de l’usage ne peuvent entrer dans ce cadre ;
  • l’obligation de location pendant 3 ans : le recours au déficit foncier pour optimiser votre imposition implique une contrepartie importante : le maintien en location nue du bien jusqu’à la fin de la troisième année suivant l’imputation du déficit foncier. Si vous souhaitez récupérer le bien pour y habiter ou le revendre avant la fin de la période de 3 ans, votre avantage fiscal sera annulé et vous devrez rembourser le surplus aux impôts ; 
  • la gestion administrative : la déduction des charges réellement supportées implique des formalités plus lourdes que pour le régime micro-foncier. Vous devrez en effet reporter chaque ligne de dépense au moment de votre déclaration d’impôts. Vous devrez également être en mesure de présenter les justificatifs de dépenses en cas de contrôle fiscal. Les contribuables atteints de “phobie administrative” doivent alors y réfléchir à deux fois avant d’opter pour ce statut. L’accompagnement par un expert-comptable ou un conseiller fiscal peut être pertinent pour éviter les erreurs de déclaration.

Comment déclarer ses revenus locatifs au régime réel ?

Là où les contribuables imposés au régime micro-foncier n’ont qu’une seule case à cocher sur le formulaire générique n°2042, les propriétaires bailleurs au régime réel doivent pour leur part remplir la déclaration annexe n°2044 (“Déclaration des revenus fonciers”)

Ils doivent ainsi renseigner leurs revenus locatifs et reporter sur le document l’intégralité des charges à déduire au niveau des lignes prévues à cet effet. Le résultat net constaté sur le document après déduction des charges doit enfin être renseigné sur le formulaire 2042 au niveau de la ligne 4B (4BA pour un bénéfice, 4BB pour un déficit sur les revenus fonciers ou 4BC pour un déficit sur les revenus globaux).

Toutes les factures d’achat (équipement, artisans…) et tous les autres justificatifs (avis d’imposition, relevés bancaires…) doivent être conservés précieusement pendant 3 ans en cas de contrôle fiscal.

Comparateur de prêt immobilier

Profitez du meilleur
taux du moment !

Demander une étude gratuite

À partir de

2.85%

Pour un prêt sur 15 ans*

À lire ensuite...

Zoom sur

Les actualités Immoprêt

immo résidences secondaires littoral
Immobilier

Résidence secondaire en bord de mer : où investir en 2026 ?

La saison estivale vient de débuter et SeLoger publie son étude annuelle consacrée à l’évolution des prix dans les stations balnéaires françaises.

Diane Levy
Directrice Commerciale d'Immoprêt

17 juillet 2026

etude laforet
Immobilier

Marché immobilier : un premier semestre 2026 marqué par l’attentisme

Dans sa dernière étude parue le premier juillet dernier, Laforêt fait le bilan de l’évolution du marché immobilier au cours du premier

Diane Levy
Directrice Commerciale d'Immoprêt

15 juillet 2026

immo canicule français
Immobilier

Canicule : plus d’un Français sur trois juge son logement inadapté

Les épisodes de chaleur extrême modifient progressivement les attentes des ménages en matière de logement. Le confort d’été devient désormais un critère

Diane Levy
Directrice Commerciale d'Immoprêt

13 juillet 2026

Trouvez le meilleur taux
pour votre prêt immobilier !

Trouver une agence à proximité